28 March, 2015

Jorge Ayala Paris dans Belles Demeures par Caroline Coiffet

Globe-trotter touche-à-tout, Jorge Ayala fait partie de cette nouvelle génération de designers qui bouscule les codes et expérimente sans cesse de nouvelles théories. C’est chez lui, à Paris, qu’il nous donne rendez-vous. En empruntant l’étroit escalier qui mène à son appartement, on est loin d’imaginer qu’il a complètement investi le palier du 3e étage. Ici, changement radical de décor. Jorge Ayala a recouvert tous les murs avec un de ses modèles de papier peint. Loin d’un certain conformisme, le ton est donné. Tout juste rentré de voyage, et malgré le jetlag qui commence à se faire sentir, il n’a absolument pas perdu son énergie débordante et communicative. D’origine mexicaine, c’est à Londres, à la prestigieuse Architecture Association of London que Jorge Ayala fait ses études et suit les cours des ténors de la discipline tels Zaha Hadid et Rem Koolhaas. Mais déjà, il prend conscience qu’il a besoin d’être nourri d’autres disciplines. C’est une rencontre avec Gérard Lognon qui lui donne l’envie de travailler, parallèlement à l’architecture, le textile. Ce dernier, dont les ateliers ont été rachetés par Chanel pour sa filiale Paraffection, l’initie à l’art du plissage. Une technique que Jorge Ayala adapte à ses travaux tout au long de ses études. En 2008, il obtient son diplôme d’architecte mais la crise ne lui permet pas d’intégrer un bureau d’études. Sans conséquences pour lui, car cette voie ne l’intéresse pas. Il revient donc à Paris avec l’idée de mettre en application ses recherches et d’exploiter les outils innovants de conception numérique. « Mon discours artistique peut s’exprimer librement en France, et Paris est une ville fantastique pour ça. »
En partenariat avec l’école londonienne et le Musée des Arts Décoratifs, Jorge Ayala développe ainsi l’AAtelier, un programme international de workshops sur des projets de recherche appliquée à l’architecture, mais également au design, de la conception de produits en passant par la communication et le marketing, aboutissant à des collaborations avec Louis Vuitton, Alexander McQueen...
 
Il fonde également son agence d’architecture, [Ay]A STUDIO, dédiée à la recherche de pointe et à l’expérimentation. [Ay] A STUDIO s’engage dans les champs du design, de l’architecture et du paysage urbain. Par ailleurs, Jorge Ayala développe sa propre marque.
 
Une marque de mode et d’art de vivre qui propose entre autres mobilier, luminaires et papiers peints oscillant entre design et oeuvres d’art. « Je ne présente aucune pièce parfaite, les objets que je fabrique, contrairement aux principes architecturaux, se forment au fur et à mesure de leur conception. » Jorge Ayala impose donc une nouvelle approche de l’architecture, à l’échelle du corps.
En 2013, son travail « Cabinet de curiosités post-numériques » autour de sculptures réalisées en latex, résine et polyuréthane est présenté au FRAC Centre Orléans, lors de l’exposition “Archilab 2013 : Naturaliser l’architecture”. C’est une formidable plateforme qui lui ouvre d’autres horizons. En effet, grâce à sa posture pluridisciplinaire, il accède à des lieux et à des projets qu’il n’aurait jamais imaginés auparavant. Les derniers en date ? Un premier court métrage tourné au Mexique, pour lequel il reçoit le prix festival de cinéma ASVOFF de Diane Pernet et un projet de street art dans les favelas à l’issue d’une résidence d’artiste à Tijuana. « Aujourd’hui, je suis enfin reconnu dans mon pays alors que pendant longtemps, j’étais considéré comme un designer français. »

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