12 September, 2014

Maryna Way-Ward

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Jorge Ayala, architecte, designer, styliste, né à Mexico, très tôt le créateur a le gout de l’aventure. Il quitte son Mexique natal pour faire des études d’architecture en France, à Paris,  qu’il complète par un Master in Architecture de la très célèbre Architectural Association de Londres. Fort de cette expérience, il fonde en 2011 à Paris la AA Visiting School, en partenariat avec l’école londonienne et le Musée des Arts Décoratifs. En 2011 il devient membre du jury des RIBA President’s Medals Student Awards

En parallèle de son activité académique, Jorge dirige son agence. Encore une fois pour lui l’occasion de croiser les savoirs et questionner l’architecture, l’espace, la forme, la matière et toute la dimension économique qui sous-tend la ville contemporaine : la publicité, le marketing, l’image. Il se fait remarquer avec un projet de concept store à New York, pour Mugler où une structure organique, informe et rhizomique envahit l’espace pour mieux le fractionner. Architecture et mode, toujours. Bien que très jeune agence, son travail est présenté à l’ouverture du FRAC d’Orléans, lors de l’exposition ArchiLab 2013 : Naturaliser l’ArchitectureCabinet of Post-Digital Curiosities est une œuvre polymorphe, dont on ne peut louper le clin d’œil au tableau périodique des éléments de Mendeleïev ainsi qu’aux cabinets de curiosités du XIXe siècle, prenant le contre-pieds du tout numérique actuel par des processus de fabrication en « slow-prototypage ». Le résultat est à s’y méprendre ! On y repère des surfaces, des enveloppes, on y voit des peaux, des bustiers d’un autre monde.  Les investigations techno-architecturales de Jorge Ayala l’amènent alors de façon évidente à créer sa propre marque de vêtements, tout en se proclamant toujours architecte. Jorge Ayala Paris a tout juste un an et déjà on y trouve une gamme ready-to-wear, et quelques pièces de haute couture. Ces dernières, rappelant la scène post-grunge contemporaine (Rick Owens, Gareth Pugh, Ann Demeulemeester,…), trouvent toute leur identité et leur singularité par un emploi détourné, altéré, et sensuel du matériau. Lisse, rugueux, strié, brut, opaque, translucide, tout un alphabet de traitement de la matière, fondu en une seule couleur, le noir, qui, comme un tableau de Pierre Soulages, raconte l’histoire de la lumière sur la surface. Jorge Ayala est donc un créateur à suivre, sans pouvoir prédire où il sera demain, tant il se plait à jongler entre les disciplines, riant des cloisonnements, confiant en l’avenir.

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