12 September, 2014

Jorge Ayala Paris: on shaping emotions, architecture and fashion

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As two creative realms that share a high level of social influence owing to their sensorial materialities, fashion and architecture have on many occasions joined forces through fruitful collaborations that have resulted not only in inspiring postulations, but also in seductive exercises about the perception of physical spaces and materials.

A believer in the importance of examining the relationships, equations and dependencies between architecture and fashionMexican-born and Paris-based architect Jorge Ayala recently opened the first concept store for his eponymous fashion label in the French capital as a continuation of his investigations. In addition to being an analysis of how the concept of retail space can be an extension of sartorial creativity, the store also questions how the shopping experience shapes consumers’ emotional and intellectual reactions to a fashion brand.


By enveloping its own visitor within a décor that reproduces the patterns and shapes of its collection’s garments and accessories in wallpaper prints, light fixtures and projected films, the architecture and fashion present in the Jorge Ayala Paris store highlight (either individually or through their dialectic relationship) how behaviour and taste can be constructed by financial imperatives. And as an elegant critique about how the fulfilment of the mind goes beyond empirical reactions to style, ultimately Ayala’s concept store is a successful educational exercise that dethrones established notions of trade marketing, brand adoption and commercial identification.

verygood lord

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Paris sous la FashionWeek : un moment propice aux découvertes, aux rencontres, aux surprises. Jorge Ayala, architecte, designer, styliste, né à Mexico, croise les disciplines afin de définir une identité métissée aux frontières floues. Pour le coup, la surprise, et la bonne, est au rendez-vous.

Très tôt le créateur a le gout de l’aventure. Il quitte son Mexique natal pour faire des études d’architecture en France, à Paris-Val-de-Seine,  qu’il complète par un Master in Architecture de la très célèbre Architectural Association de Londres. Fort de cette expérience, il fonde en 2011 à Paris la AA Visiting School, en partenariat avec l’école londonienne et le Musée des Arts Décoratifs. Programme international de workshops qui profitent de sessions courtes (15 jours) pour pousser des projets de recherches appliquées à l’architecture par des nouveaux moyens computationnels de conceptions numériques, avec des étudiants venus des quatre coins de la planète. Rapidement, l’enjeu se tourne vers le corps, l’enveloppe et le vêtement, sous la problématique « Building Fashion ». Architecture, design et mode interagissent. Une ligne de recherche conceptuelle que Jorge Ayala poursuit toujours, et qu’il présente lors de conférences dans plusieurs universités internationales. En 2011 il devient membre du jury des RIBA President’s Medals Student Awards.


En parallèle de son activité académique, Jorge dirige son agence : [Ay]A Studio. Encore une fois pour lui l’occasion de croiser les savoirs et questionner l’architecture, l’espace, la forme, la matière et toute la dimension économique qui sous-tend la ville contemporaine : la publicité, le marketing, l’image. Il se fait remarquer avec un projet de concept store à New York, pour Mugler où une structure organique, informe et rhizomique envahit l’espace pour mieux le fractionner. Architecture et mode, toujours. Bien que très jeune agence, son travail est présenté à l’ouverture du FRAC d’Orléans, lors de l’exposition ArchiLab 2013 : Naturaliser l’ArchitectureCabinet of Post-Digital Curiosities est une œuvre polymorphe, dont on ne peut louper le clin d’œil au tableau périodique des éléments de Mendeleïev ainsi qu’aux cabinets de curiosités du XIXe siècle, prenant le contre-pieds du tout numérique actuel par des processus de fabrication en « slow-prototypage ». Le résultat est à s’y méprendre ! On y repère des surfaces, des enveloppes, on y voit des peaux, des bustiers d’un autre monde.


Les investigations techno-architecturales de Jorge Ayala l’amènent alors de façon évidente à créer sa propre marque de vêtements, tout en se proclamant toujours architecte. Jorge Ayala Paris a tout juste un an et déjà on y trouve une gamme ready-to-wear, et quelques pièces de haute couture. Ces dernières, rappelant la scène post-grunge contemporaine (Rick Owens, Gareth Pugh, Ann Demeulemeester,…), trouvent toute leur identité et leur singularité par un emploi détourné, altéré, et sensuel du matériau. Lisse, rugueux, strié, brut, opaque, translucide, tout un alphabet de traitement de la matière, fondu en une seule couleur, le noir, qui, comme un tableau de Pierre Soulages, raconte l’histoire de la lumière sur la surface.