10 April, 2012

Architecture, mode d'emploi

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Warm Thanks to France-based Journal Libération for the special feature on [Ay] Practice in Fashion and Architecture. Special Thanks to Journalist Clément Ghys for his professionalism and forward thinking.

L’architecte Jorge Ayala est le directeur du programme d’études parisien qui établit une nouvelle discipline, entre mode et architecture :

Architecte né au Mexique, diplômé de la prestigieuse Architectural Association londonienne, puis fondateur de l’agence [Ay]A et directeur du programme d’études parisien consacré aux liens entre mode et architecture, qui s’est tenu pendant deux semaines au musée des Arts décoratifs de Paris, Jorge Ayala pose les bases de ce qu’il estime être une «nouvelle discipline».
Pourquoi avez-vous décidé de monter ce cursus ? Il existe une réelle proximité entre les deux domaines, les processus créatifs étant toujours influencés par des éléments naturels, technologiques, sociopolitiques ou corporels. Enseignants, architectes ou critiques, nous sommes des producteurs de culture, et nous ne pouvons pas ignorer le champ que représente le système actuel de la mode.
Vous avez intitulé cette troisième édition du séminaire «Post-McQueen Embryos». Pourquoi faire référence au couturier britannique qui s’est suicidé en février 2010 ? C’est un pied de nez à cette obsession que tout le monde a avec l’ère du «post» : l’après-Fukushima, l’après-tsunami, l’après-11 Septembre. A Londres, on parle déjà des post-JO, alors qu’ils n’ont même pas eu lieu ! Là, on fait référence à Alexander McQueen parce qu’il a fait des choses importantes, et puis il a disparu. Il nous faut imaginer l’après. Avec les étudiants, nous utilisons les techniques enseignées dans les écoles d’architecture, mais qui ne sont jamais appliquées dans la mode !
Vous considérez ce mélange entre architecture et mode comme une nouvelle discipline… Cet atelier montre que le croisement entre mode et architecture est un discours théorique consistant qui a des répercussions importantes. Dans la pratique du métier, construire une tour est un acte majeur. Mais dessiner une silhouette change également le rapport social.
Quel est le contexte de l’émergence de liens entre les deux univers ? Il y a eu des moments clés. Comme en 2003, la collaboration entre l’architecte néerlandais Rem Koolhaas et Prada. L’année d’après, l’Anglo-Irakienne Zaha Hadid a travaillé avec Chanel. Ils ont débloqué les choses, montré que l’on peut collaborer, non seulement avec des designers ou des paysagistes, mais aussi avec des stylistes. Ça a créé des embryons. Les années 2000 ont également vu l’arrivée massive des technologies de modélisation en 3D. On s’est rendu compte que l’on pouvait créer une forme qui n’avait pas forcément de contexte ou d’échelle. On développe une idée librement, en zoomant en avant ou en arrière avec sa souris d’ordinateur. C’est en se fixant des contraintes, quelles qu’elles soient, qu’on lui donne une application. Un projet peut autant devenir un aéroport en Chine qu’une paire de chaussures.
Quelle est l’ambition de cette architecture corporelle ? L’ambition est de ne pas se concentrer sur l’aspect saisonnier de la mode, mais sur les structures qui naissent drans la création d’un vêtement. L’enjeu n’est pas de capitaliser sur le bling, sur l’immédiat, mais de chercher des voies de développement. Les projets des étudiants des deux dernières semaines ne proposent pas des choses pratiques, mais plutôt une nouvelle manière d’habiter le corps.
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