23 April, 2015

JAP by Tom Magazine

JAP X TOM Magazine

Stylist Samantha Ria | Photograph Benjamin Glean | Models Toby Leonard at Models 1 and Gwen at Profile Models | Makeup Michelle Court | HairstyleLauren Nichols


16 April, 2015

Ferrari Koolhaas at Reinventing Shoes Exhibition in Milan

United Nude Rem D Koolhaas Retrospective and Reinventing Shoes Exhibition in Salone di Mobile, Milan 2K15
www.unitednude.com
 
Zaha Hadid
Zaha Hadid with Rem D 
Zaha Hadid with Patrik Schumaher
Ross Lovegrove

09 April, 2015

Jorge Ayala Paris by Le Fashion Post

C’est parti dans un grand éclat de rire clair, franc et joyeux : un homme heureux ! C’est une paire d’yeux plein d’éclats et de curiosité ! C’est un sourire brillant ! Une rencontre, un moment de pur bonheur, de générosité et d’échanges. C’est un artiste designer architecte et créateur de vêtements, qui porte un regard riche, son regard éclairé de son univers sur le monde qui l’entoure. Il est, tout à la fois, à l’écoute de ce qui l’entoure, de son temps et de ses problématiques, un créateur visionnaire dans sa recherche de complémentarité, de mariage entre les matières et les formes. Voici le portrait du talentueux Jorge Ayala.

 Sa vie résonne en permanence avec son Art.  Né au Mexique (à Mexico), il vit en France depuis une quinzaine d'années. A 17 ans, en arrivant de Londres, à sa sortie de la gare du Nord, la rencontre avec Paris est un choc. Son air, son architecture, son ambiance, l’allure des gens dans la rue, partout, tout respirait l’Art. Tout naturellement, son envie d’étudier en Europe, plus au Mexique ou aux États Unis, est apparue comme une évidence ! Alors s’en suit une année sabbatique,muni d'un sac à dos en Europe, un enchaînement de petits boulots à Paris et à Londres pour rester sur le Vieux Continent et vivre cette année d'aventure qui viendra confirmer son envie d’être dans la « Mecque des Arts » : arts plastiques, architecture et toutes ses approches.

 Toute son enfance, il baigne dans le monde de l’art. Il pense aussi que la société mexicaine a tendance à trop vouloir s’inspirer ou vouloir évoluer vers la culture américaine. Lui, il a déjà cet instinct de sentir que son parcours d’études et son plan de vie devraient être différents pour développer son flair artistique, pour créer en fonction de sa vision du monde et non pas de ce que l’air du temps veut imposer. Il a également eu la chance d’étudier au lycée britannique de Mexico où la seconde langue enseignée est le français !

Passer de l’architecture à la mode ? La base, ce sont les rencontres avant tout, et toujours une remise en question permanente, créative et constructive. Lorsque Jorge était étudiant en architecture, en 2003, il a vu l’exposition Yohji Yamamoto au musée des arts décoratifs. Et là, encore le choc ! La rencontre architecturale qui allait déclencher encore plus de recherches, d’inspirations et de créations… En tant qu’étudiant, il demande à avoir accès aux archives des études décoratives, aux collections et informations relatives à la mode. A l’époque il dit rien n'y connaître… Peut-être mais ce regard d’artiste particulier et le talent étaient déjà présents. Un ressenti, une émotion, un sentiment et ce flair, son propre flair, si différent de la façon dont la mode est « comprise » et interprétée au Mexique ou aux États-Unis.

Dans les archives du musée des arts décoratifs. Mister Ayala découvre aussi les plissés de Monsieur Gérard Lognon, immense artiste et artisan plisseur. Pour Jorge, le travail du plissage lui parle comme des créations de construction, des œuvres architecturales, alors que c’est du tissu.

De la rencontre avec Monsieur Gérard Lognon, naît également une relation d’amitié mais aussi un grand intérêt pour son travail ainsi que l’occasion de faire des maquettes car son souhait est de tester celles-ci, ses projets d’architecture de paysage et d’urbanisme. Cela faisait hurler de rire Monsieur Gérard Lognon qui se demandait « C’est quoi ça ? » en voyant les essais et les créations de Jorge avec des tissus « synthétiques, étanches et horribles tout à la fois ! » dixit Monsieur Gérard Lognon qui avait plus l’habitude de travailler avec des tissus choisis par Céline, Chanel ou Chloé…

Des idées plein la tête. Jorge Ayala a toujours en tête son désir de développer son œil pour le monde de l’architecture et du tissu à l’échelle humaine. Il quitte Paris pour Londres pour suivre et obtenir un master degree à l’AA - Architecture Association – la plus grande école d’architecture, et pour continuer à expérimenter et à tester sa passion d’architecture et de mode. Après Londres, départ pour la Chine où il crée, pour une agence, des projets d’architecture. En 2009, retour à Paris suite à l’appel d’Odile Decq qui lui demande de faire partie de son corps d’enseignants suite à la consultation de son profil sur une publication. C’est pour lui le moment de trouver sa place dans le monde du design. Il reprend contact avec Monsieur Lognon qui reste un soutien dans le monde de la mode.

La vie continue avec ses créations. Et Jorge Ayala continue ses projets d’architecture avec les tissus de Monsieur Lognon en les traitant de façon expérimentale et en créant des maquettes qui ressemblent à des tissus, des tours qui rappellent des talons. Il rencontre aussi des personnes qui voient d’autres univers dans ses créations en lui demandant le prix d’un foulard qui est, en fait, une création pour une façade d’immeuble à Buenos Aires… Jorge Ayala est à son service de designer, d’architecture, de mode… Il a su trouver la niche dans la niche, dans la création de sa marque, dans son désir de casser le côté élitiste de l’art en général. Il crée de l’art pour tous. La sensibilité de chacun d’entre nous est sollicitée. Il existe en tant qu’artiste et en ayant la capacité indispensable, de tout temps, d’être aussi un entrepreneur !

Un label qui lui ressemble. Sa marque de vêtement n’a pas besoin d’être à la mode, elle est intemporelle car elle traverse le temps tout comme sa vision du monde de l’architecture. Jorge Ayala a su exploiter son potentiel immense de créateur et son désir de choisir quel créateur il voulait être. Cela a été plus fort que le fait de correspondre aux cadres imposés par la société. La liberté d’être un artiste indépendant et « différent » coûte chère mais de toute façon la liberté n’a pas de prix ! Il a donc dû trouver un autre système pour pouvoir exister, pour produire lui-même au sein de son studio des sujets différents tout à la fois expérimentaux avec un budget limité, tout en restant libre de sa créativité et de ne pas dépendre d’un client (par exemple un client en chine qui, un jour, va aimer le rose et le lendemain aura changé d’avis pour du noir…) Ses créations et objets sont un travail très personnel, lui appartenant entièrement. A aucun moment, il répond à une envie en vogue commerciale. Une sculpture représentant un torse peut devenir une applique : Jorge Ayala est très attaché à l’art de vivre et il est le fondateur de [Ay]A Studio, une agence parisienne, dédiée à la recherche et à l’expérimentation dans le design, l’architecture.

Quelle(s) histoire(s) raconte(nt) votre univers ? C’est l’histoire d'un mexicain installé à St germain des Prés, ayant étudié à Londres et qui lance sa marque en 2014 pour essayer de faire la synthèse de la lumière avec des lampes ! C’est ça ! Il ressent le fait d’être mexicain comme une grande responsabilité et en même temps une grande force aussi. Il s’enferme dans un travail personnel, analyse, et filtre beaucoup jusqu’à trouver une signature. Il entreprend. Entrepreneur : mot qui fait peur ! Son utilisation dans le monde de l’architecture n’est pas sans risque. Jorge Ayala a un discours clair, honnête. Il se sent être entrepreneur avant d'être architecte. Entrepreneur : quelqu’un qui entreprend, et pour entreprendre, aujourd’hui encore plus qu’hier, il faut être artiste. En tant qu’artiste, son activité ne doit pas se limiter.

Et le cinéma ? Et pourquoi pas le cinéma ? Il cite le travail de Jean Cocteau, les archives de Balenciaga. Il a tourné un court métrage pour la campagne de sa marque à Tijuana dont il avait fait tous les repérages en filmant avec son appareil photo.

Et la transmission ? Jorge dirige aussi le Laboratoire Landscape Urbanism de l’Ecole Spéciale d’Architecture à Paris, Il enseigne à Paris et Londres. Parallèlement, il donne des conférences à Toronto, Lausanne, Paris, Rome, en Sardaigne, à Pékin, Nanjing et en Californie et au Mexique. Il est professeur invité à L’EPFL et au TEC de Monterrey au Mexique. Il est également jury invité à l’École d’Architecture de Paris Malaquais et à l’Université Cornell de Rome.

Jorge organise, deux fois par an, des ateliers pour « dédramatiser » le rôle de l’architecte, en créant des ponts entre le monde de la mode et l’architecture, en ouvrant les univers et en provoquant les échanges entre étudiants de 40 nationalités : du Mexique, du Japon, de la Syrie, peu de français hélas, d’Australie, de Nouvelle Zélande, etc. Il partage son travail de recherche expérimentale pour combler un besoin chez les étudiants et pour susciter des échanges entre eux en leur expliquant qu’ils ne sont pas seuls dans leur vision différente du monde de l’architecture et de l’art.

Des formations, des conférences, des ateliers. Par exemple, en collaboration avec Louis Vuitton, il a créé des espaces concepts retail éphémères en travaillant sur le monogramme et en mélangeant les approches. Cela leur a permis de connaître, de l’intérieur, cette grande maison, leur savoir-faire et la fondation qui était en cours de construction à l’époque.

Ces ateliers ont également permis de collaborer avec une marque de chaussure basée en Chine « United Nude ». Des travaux de recherches ont pu créer des ponts avec la mode en abordant des sensibilités, par exemple, sur le thème du travail post Alexander McQueen au lieu de thèmes plus classiques choisis par les écoles tels que post FIFA, post JO… Qui va continuer à développer des concepts de « mocheté » à travers la mode ?

Prochain workshop de l’école ETE 2015 : AANATOMIES toujours dans l’objectif global de se positionner et de s’affirmer avec ses 3 bébés : le Studio d’architecture, la marque… Et l’enseignement tant qu’il peut encore le faire…

Le rapport au corps ? C'est une belle opportunité d'être issu d’une famille qui n’a pas de tabou par rapport au corps et à la nudité en exposant sur les murs de la maison familiale des tableaux de nus. Donc très jeune, le corps est vécu comme un élément naturel. Le père Noël pouvait aussi bien apporter, dans sa hotte, un ballon de football, une poupée ou un tableau d’un homme dénudé. Les parents transmettent ainsi à leur enfant une éducation nourrie de liberté, d’apprendre à être, et à découvrir quel adulte on veut devenir. Lorsque ses parents ont découvert son hyperactivité artistique, dès son plus jeune âge, encouragés par ses professeurs, ils lui font suivre des cours de dessin, de piano, etc. afin de pouvoir faire exprimer toute la sensibilité et l’énergie qui l’habitent. Il a commencé ses cours de dessin dans une académie et les premiers travaux se font autour de nature morte et de paysage. A l’adolescence, son professeur le sépare des autres élèves car dessiner des corps nus n’est pas au programme, ni totalement dans la politique de l’école pour les adolescents. Mais la chance est, une fois de plus, de côté de Jorge. Son professeur va lui donner des cours, à part, pour travailler ses créations autour du corps : le mutant cheval/homme, ange/homme, femme/méduse.

Le bonheur ? Être indépendant, presque inconscient de prendre toujours le risque d’être celui qui est bizarre, différent. Et heureusement ! Il aimerait rattraper le temps même s’il sait que cela est impossible. Le temps, trop long, de silence entre son père et lui, celui du sacrifice d’avoir quitté le Mexique mais pour se développer, peaufiner et filtrer son travail. L’enfant terrible a muri et il croit en l’énergie du destin. Il a voyagé à travers trois continents en une semaine, il a coché toutes les cases de sa to do list pour, aujourd’hui, juste être heureux et continuer de développer son flair artistique. La vie est trop courte pour empêcher de vivre ses rêves et d’exister par soi-même ! Tout commence ici et maintenant comme le pur bonheur de se promener avec sa maman dans les jardins de Versailles ! Tout commence ici et maintenant en donnant vie et connexion à son travail ! Jorge Ayala est un homme heureux, créateur de son bonheur et aussi dispensateur pour son entourage ! Créateur de désir, de design et de les dessiner !

Catherine Toffaletti — Chroniqueuse Art, Culture Mode.  Curieuse de la transversalité entre l'Art, la Culture vers la Mode, Catherine Toffaletti est une actrice des métiers du spectacle : comédienne mais aussi co-scénariste, scripte, metteuse en scène pour le théâtre, le cinéma, et la télévision. Son panache et son expertise de la scène, du maniement du verbe, du juste mot avec le bon ton, elle le met aussi au service de grands groupes et entreprises comme formatrice-comédienne. Elle intervient en tant que professionnelle dans de grandes écoles.

Jorge Ayala Paris by Trend Privé Magazine

Jorge Ayala Paris by Trend Privé Magazine

04 April, 2015

Jorge Ayala Paris by GlassBook Magazine

Glassbook Magazine
Stylist Viennty | Photograph Mudita Aeron
Models Bud & Aidan @Body London